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12 avril 2016 2 12 /04 /avril /2016 09:08

Chez l'homme comme chez les autres mammifères, le sexe de l'enfant dépendrait de l'expression d'un virus fossile présent dans nos gènes depuis plus d'1 million d'années !

Contrairement à ce que l'on pourrait penser, notre génome n'est pas à 100 % humain : certains de nos gènes proviennent de bactéries et d'autres micro-organismes unicellulaires.

On estime d'ailleurs que 8 % de notre génome provient de virus qui auraient infecté nos ancêtres il y a des centaines de milliers d'années. Ces virus influencent-ils l'expression de ces gènes ?

Oui, selon des chercheurs de l'Université de Yale (États-Unis), qui ont exposé une théorie insolite et pourtant on ne peut plus sérieuse : le sexe des mammifères, dont l'homme, pourrait être déterminé par la modification d'un fragment de virus vieux d'1,2 million d'années et incrusté dans le chromosome sexuel X.

Cette hypothèse, testée chez la souris, a fait l'objet d'une publication dans la revue Nature.

Un mécanisme environnemental en cause

Les chercheurs ont observé chez la souris qu'aux tous premiers stades de la fécondation, un virus influencerait le devenir du chromosome X. Rappelons que la plupart des femelles présente les chromosomes sexuels XX et les mâles XY (chez les humains, cette vision peut être réductrice, comme expliqué dans l'encadré ci-dessous). Ainsi, quand les gènes du virus sont actifs, l'expression du chromosome X reste normale et les mâles et les femelles naissent à des taux égaux dans la population de souriceaux. Mais lorsque les gènes du virus sont inactivés, les mâles seraient deux fois plus nombreux que les femelles. Ce qui veut dire qu'en fonction de l'expression ou du silence du virus fossile, l'avantage serait donné au genre féminin ou masculin.

Qu'est-ce qui inactive le virus ? Un mécanisme dit "épigénétique", influencé par l'environnement : une liaison méthyle est ajoutée à l'adénine, l'un des 4 nucléotides qui forment les paires de bases de l'ADN (avec la cytosine, la guanine et la thymine). Une découverte importante puisque c'est la première fois que l'on constate chez les mammifères une modification sur une autre base que la cytosine et entraînant une interruption de l'expression d'un gène.

Par Lise Loumé

INTERSEXUÉS. La distinction XX/XY est réductrice : il existe en effet des individus "intersexes", présentant une infinité de variations chromosomiques. Deux exemples parmi d'autres :
- Personnes chromosomiquement XXY : elles sont généralement déclarées garçon à la naissance et considérées médicalement comme des hommes, avec un X en trop (syndrome de Klinefelter, ou "mosaïsme").
- Femmes X0 : elles possèdent une morphologie typiquement féminine mais un seul chromosome X (syndrome de Turner).

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Published by Jean-Pierre LABLANCHY - CHRONIMED
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