Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
2 mars 2016 3 02 /03 /mars /2016 16:43

Une bactérie de la parodontite incriminée dans le cancer de l’œsophage

Shegan Gao et coll. Presence of Porphyromonas gingivalisin esophagus and its association with the clinicopathological characteristics and survival in patients with esophageal cancer. Infectious Agents and Cancer, doi:10.1186/s13027-016-0049-x

Porphyromonas gingivalis est une bactérie que l’on retrouve très couramment au niveau du

parodonte, c’est-à-dire du tissu de soutien de la dent, en particulier lorsqu’il y a une inflammation

de celui-ci, autrement dit une parodontite.

Or des chercheurs de l’Université de Louisville (Kentucky, Etats-Unis) et de l’Université des Sciences et des Technologies du Henan (Chine) viennent de montrer que cette bactérie était présente dans 61% des échantillons prélevés sur des adénocarcinomes œsophagiens alors qu’elle n’était jamais présente dans les prélèvements faits au niveau de la muqueuse œsophagienne normale et que sa présence était d’autant plus importante que le cancer était développé.

L’étude a été faite sur une population de 100 patients présentant un cancer de l’œsophage et sur 30 témoins. Pour les 100 patients souffrant d’un cancer de l’œsophage, les prélèvements ont été faits au niveau de la tumeur mais aussi au niveau des tissus adjacents. P.gingivalis a donc été retrouvé dans 61% des prélèvements réalisés au niveau de la tumeur, 12% des prélèvements adjacents, 0% des prélèvements faits sur les témoins.

Ces résultats font dire aux auteurs qu’il existe un lien direct entre cette bactérie, la parodontite et le

cancer de l’œsophage sans que pour autant ce lien soit causal, c’est-à-dire que P.gingivalis ne peut être incriminé à ce stade dans l’oncogenèse. Mais on sait que l’hygiène bucco-dentaire et certaines addictions, en particulier au tabac et/ou à l’alcool, influencent la santé du parodonte mais aussi le risque de cancer de l’œsophage. Le fait de retrouver P.gingivalis aussi bien dans la parodontite que dans une tumeur de l’œsophagepourrait s’expliquer ainsi.

Mais pour les auteurs, leur découverte pourrait faire de P.gingivalis un biomarqueur de ce cancer

dont le mauvais pronostic résulte surtout d’un diagnostic généralement tardif, le développement de la tumeur étant longtemps parfaitement silencieux. Ce biomarqueur pourrait déboucher sur un

dépistage particulièrement intéressant, notamment en Chine où ce cancer du tube digestif est plus

fréquent qu’ailleurs.

Partager cet article

Repost 0
Published by Jean-Pierre LABLANCHY - CHRONIMED - dans Infections froides
commenter cet article

commentaires