Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
12 mars 2016 6 12 /03 /mars /2016 16:53

La nicotinamide riboside, une vitamine contenue dans le lait et sûrement dans beaucoup d’autres aliments, pourrait nous préserver de l’obésité et du diabète, le tout sans effet secondaire. Si elle est prometteuse, elle est très difficile à extraire et à synthétiser. Il faudra du temps avant une mise en circulation en grande quantité sur le marché !

On connaissait les vertus du resvératrol du vin rouge. Maintenant, c’est dans le lait mais peut-être aussi dans la bière ou dans de nombreux autres aliments qu’on trouve une molécule aux propriétés thérapeutiques variées. Nommée nicotinamide riboside (NR), cette vitamine préserverait de l’obésité, du diabète et améliorerait l’activité musculaire. Entre autres.

Cette découverte, on la doit à des chercheurs de l’École polytechnique fédérale de Lausanne. Ceux-ci supposaient qu’un supplément en NR dans l’alimentation allait entraîner des avantages métaboliques, du fait de l’impact de la molécule sur les mitochondries, ces usines intracellulaires qui fournissent l’énergie. Leur hypothèse allait se vérifier in vitro sur des cellules de mammifères, et s’avérer également payante in vivo d’après leur expérience chez les souris. L'ensemble des résultats est publié dans Cell Metabolism.

NR, la vitamine sans effet secondaire indésirable

Les rongeurs consommant la vitamine, en plus d’un régime hyperlipidique, ne prenaient que 60 % du poids de leurs congénères uniquement nourris au gras. De plus, aucun d’entre eux ne présentait des signes de diabète, probablement parce que la NR améliore la sensibilité à l’insuline.

Mais ce n’est pas tout. Les souris profitant du complément alimentaire pendant dix semaines ont montré une endurance supérieure de 10 % à celles qui n’en avaient pas eu droit. L’état de forme physique global était également meilleur, comme en atteste la qualité des fibres musculaires observées au microscope, supérieure chez les rongeurs habitués à la NR. Enfin, un traitement étalé sur huit semaines a montré que la vitamine améliorait également la régulation thermique.


La nicotinamide riboside protégerait des maladies liées à l'obésité. Ce n'est pas pour autant un prétexte pour manger déséquilibré et arrêter de faire du sport ! © Ersler, StockFreeImages.com

L’intérêt de cette molécule réside aussi dans le fait qu’elle n’entraîne aucun effet secondaire indésirable, contrairement par exemple à la vitamine B3 (acide nicotinique), utilisée contre le cholestérol. Les scientifiques n’ont pourtant pas manqué de l’éprouver : même à des doses dix fois plus importantes que la quantité efficace, leurs cobayes se portaient toujours aussi bien.

NAD+ et les sirtuines rentrent en piste

D’une manière plus technique, la nicotinamide riboside est un précurseur d'un coenzyme présent dans toutes les cellules, le NAD+, qui voit alors sa concentration augmenter. Cela a pour effet de stimuler l’expression de deux gènes, Sirt1 et Sirt3, de la grande famille des sirtuines. Les enzymes qui en découlent sont connues pour jouer un rôle dans le métabolisme et dans la régulation des mécanismes oxydatifs. De précédentes expériences ont montré qu’elles pouvaient même rallonger l’espérance de vie. Dans ce cas au moins, les deux gènes protègent des anomalies métaboliques qu’un régime trop riche en graisse peut occasionner.

On pourrait alors s’attendre à voir un tel composé mis sur le marché très rapidement sous la forme d’un alicament. Pourtant, il faudra encore faire preuve de patience. En effet, la NR a été détectée dans le lait, on suspecte aussi sa présence dans la bière mais elle est très difficile à doser, si bien qu’on ignore précisément dans quels aliments elle se trouve et en quelle quantité.

Sa synthèse reste tout aussi délicate et la perspective d’une production à grande échelle n’est pas imminente. Avant d’en arriver là, il faudra s’assurer de son efficacité et de son innocuité chez l’espèce humaine. Autant d’écueils que les scientifiques s’attarderont à résoudre dans les prochaines années pour peut-être aboutir à un médicament nous préservant, dans une certaine limite, de l’obésité et de ses pathologies associées, comme le diabète. La meilleure solution restant bien évidemment de manger sainement et d’avoir une activité physique régulière.

Partager cet article

Repost 0
Published by Jean-Pierre LABLANCHY - CHRONIMED
commenter cet article

commentaires