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6 février 2016 6 06 /02 /février /2016 10:03

Une enquête de Générations Futures révèle que les enfants vivant en zone rurale sont fortement imprégnés de pesticides potentiellement dangereux.

PESTICIDES. "Une véritable soupe chimique", c’est ce à quoi seraient exposés nos enfants au quotidien selon François Veillerette, porte-parole de Générations Futures. L’association spécialisée dans la question des pesticides et plus particulièrement sur les risques sanitaires et environnementaux associés aux perturbateurs endocriniens (PE) a réalisé une enquête sur l’exposition des jeunes enfants vivant ou allant à l’école dans des zones agricoles. Pour cette enquête, dont les résultats ont été révélés en avril 2014, Générations Futures a fait analyser par un laboratoire indépendant les mèches de cheveux de 30 enfants vivant dans des zones rurales et âgés de 3 à 10 ans afin de déterminer leur exposition à 53 pesticides perturbateurs endocriniens (PE)

En effet, 21 résidus de pesticides ont été détectés en moyenne sur chaque mèche.

Les perturbateurs endocriniens sont des substances étrangères à l’organisme qui peuvent avoir des effets néfastes sur l’organisme d’un individu ou sur ses descendants. Le fœtus et le jeune enfant sont les plus menacés par ces substances. De nombreux pesticides ou biocides sont des perturbateurs endocriniens avérés ou fortement suspectés.

Sur les 53 pesticides suspectés d'être des perturbateurs endocriniens recherchés (molécules et agents chimiques composé qui entraînent des anomalies physiologiques et de reproduction), 35 ont été retrouvés au moins une fois dans les mèches de cheveux des enfants, et 13 ont été détectés dans tous les échantillons.L'étude de Générations Futures révèle également que des pesticides interdits d'usage en France depuis des années ont été retrouvés dans les échantillons. "Au cours des trois mois précédant le prélèvement, 80% des enfants auraient été exposés à des pulvérisations d'insecticides agricoles", précise Générations Futures. On retrouve donc dans leurs échantillons de cheveux des molécules utilisés en agriculture mais pas seulement.

Le Fipronil par exemple est interdit pour les cultures mais il est encore largement utilisé dans les colliers ou les lotions anti-puce des chiens et des chats. Même si, en raison du faible échantillon d'enfants testés, Générations Futures reconnaît qu'il ne faut pas "considérer ces résultats comme représentatifs de l'exposition moyenne des petits Français vivant dans des zones agricoles", l'association estime néanmoins "qu'il y a urgence à protéger ces populations sensibles" et exige "le retrait de tous les pesticides perturbateurs endocriniens". De son côté, le lobby des pesticides relativise les résultats de l'étude : "La présence de traces de pesticides n'est pas forcément synonyme de danger pour la santé, surtout si les doses sont infinitésimales." Ce à quoi l'association répond que "ce n'est pas tellement la dose qui pose problème, mais l'accumulation de pesticides et l'effet cocktail" rétorque François Veillerette.

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Published by Jean-Pierre LABLANCHY - CHRONIMED
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