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13 janvier 2016 3 13 /01 /janvier /2016 07:31

Existe-t-il une alternative aux antibiotiques ?

« face à la résistance aux antibiotiques, une poignée de spécialistes se battent pour que soit reconnue une nouvelle méthode de lutte, au moyen de «virus guérisseurs» appelés bactériophages ».


Des patients « qui devaient être amputés faute d’efficacité des antibiotiques, [et] ont été guéris [ou sont] toujours traités au moyen de ces virus «mangeurs de bactéries» appelés bactériophages (ou plus simplement phages), dont on semble redécouvrir l’intérêt médical aujourd’hui ».
La « phagothérapie » est une « méthode thérapeutique [qui] repose sur l’usage d’un micro-organisme vivant très particulier, 50 à 100 fois plus petit qu’une bactérie et invisible, le phage (du grec phagein : manger) ».

Le quotidien observe que « la majorité d’entre eux ressemblent un peu aux petits hommes verts martiens, comportant une tête, un corps en forme de tube et six pattes. Bref, la morphologie idéale pour s’agripper sur une bactérie et lui injecter, comme le ferait une seringue, son ADN qui, tout en donnant naissance à des centaines de particules virales, tue la bactérie en moins de 30 minutes au moyen d’enzymes appelées lysines ».

Alain Dublanchet, médecin microbiologiste, ancien chef de service au centre hospitalier de Villeneuve-Saint-Georges, « principal défenseur de la phagothérapie aujourd’hui en France », remarque qu'« on recense entre 6 000 et 7 000 ”espèces’’ différentes de phages ». « pour traiter une infection chez un malade, il est nécessaire de bien identifier l’espèce ou les espèces de bactéries pathogènes impliquées. Ensuite, on vérifie que le phage choisi pour traiter est bien spécifique de la bactérie ».
« Afin d’augmenter son efficacité, on «exalte» sa virulence en le cultivant plusieurs fois de suite en présence de la bactérie infectieuse. Enfin, on peut l’administrer sous des formes variées (application directe sur la plaie, ingestion, inhalation, en suppositoire…). Il se multiplie tant qu’il rencontre la bactérie à éliminer », continue le journal.
« l’arrivée des antibiotiques […] a fait tomber en désuétude le recours aux phages. Toutefois, aujourd’hui, face au développement des résistances bactériennes aux antibiotiques, les impasses thérapeutiques peuvent avoir des conséquences dramatiques : chaque année, les infections bactériennes tuent 4.000 personnes en France, 25.000 en Europe. Alors, pourquoi ne pas renouer avec une thérapeutique qui, pour des raisons politiques et économiques, ne s’est maintenue que dans les pays de l’Est ? ».
« en France, une poignée de chercheurs et de médecins bataillent auprès des autorités sanitaires nationales pour réhabiliter la phagothérapie. Ils réclament davantage de recherches et d’essais cliniques probants pour valider les phages comme médicaments ».
en avril [2015], à l’hôpital de Colombes, une équipe Inserm-Institut Pasteur-université Paris-Diderot menée par Jean-Damien Ricard et Laurent Debarbieux a réussi à traiter des souris souffrant d’une pneumonie grave à colibacille au moyen de phages inhalés. La survie a été de 100%, sans effets indésirables, et la vitesse de guérison a été équivalente à un traitement avec un antibiotique de référence à haute dose ».
« trois projets de recherche sont en cours. Deux études sont menées avec la start-up Pherecydes Pharma. À Clamart, une équipe de l’hôpital Percy teste la phagothérapie dans des infections cutanées chez les grands brûlés. Un projet multicentrique (France, Belgique, Suisse), doté de 5 millions d’euros, financé par la Commission européenne et nommé Phagoburn ».
« L’autre étude, appelée Phosa, a pour objectif, en collaboration avec la start-up Clean Cells à Nantes, de préparer des solutions de phages spécifiques aux infections ostéo-articulaires à staphylocoque, qui seront notamment testées à l’hôpital de Villeneuve-Saint-Georges. Enfin, au CHU de Nîmes vont être testés des phages pour traiter le pied diabétique (projet PhagoPied) »,

Date de publication : 12 Jan. 2016

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Published by Jean-Pierre LABLANCHY - CHRONIMED - dans Infections froides
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