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4 janvier 2016 1 04 /01 /janvier /2016 14:44

Extraits de gui dans les cancers de vessie n’envahissant pas la musculeuse

Le cancer de la vessie est le plus répandu des cancers de l’arbre urinaire. Or, 4/5 de ces tumeurs sont découvertes aux stades pTa (tumeur papillaire non invasive), pTis (tumeur plane) ou pT1 (tumeur envahissant le chorion), donc sans envahissement musculaire (pT2a et au-delà).

Or, même après une résection transurétrale de vessie (RTV) complète, plus de la moitié récidivent, voire progressent, d’autant plus que leur grade (dédifférenciation) est élevé. Ce taux de récidives est abaissé par l’instillation endo-vésicale, soit de cytostatiques (thiotepa) soit de BCG (immunothérapie). Ces traitements ne sont pas dépourvus d’effets secondaires et leur durée est mal définie.

Ces particularités fâcheuses ont conduit à promouvoir des traitements non conventionnels, parmi lesquels le gui, arbuste sacré que les eubages coupaient avec la faucille d’or de la druidesse, et dont les composants les plus actifs sont des lectines. Or, ces lectines, instillées chez le rat, se sont avérées efficaces et anodines. Dans cette étude, les auteurs ont utilisé un extrait de l’espèce Viscum Album (AVF2) et ils ont procédé par augmentation progressive des doses (essai de phase I) jusqu’à un seuil de tolérance (toxicité de grade III).
Seuls les malades ayant une lésion pTa ou pT1 (de grade 1 ou 2) ont été traités, à condition qu’il n’eussent ni infection urinaire, ni cystite interstitielle, ni antécédents d’instillation vésicale ou de radiothérapie.

Après la RTV, on a laissé un reliquat tumoral de 5 à 10 mm in situ pour juger de l’effet d’AVF2. Les instillations ont été commencées 14 jours après RTV et ont persisté hebdomadairement pendant 6 semaines, suivies d’une cystoscopie d’évaluation à la 12ème semaine, réséquant toute tumeur résiduelle ou biopsiant le lit du « témoin » laissé en place.

L’étude a porté sur 36 malades (31 hommes) entre 2004 et 2011. L’escalade des doses s’est arrêtée à 45 ampoules de 15 mg et on a observé 214 occurrences d’effets indésirables, le plus souvent modérés (infections urinaires, fièvre peu durable), et les plus sévères (hématurie, fatigue) semblent indépendants du traitement.
A la semaine 12, les 2/3 des 30 patients revus en cystoscopie n’avaient plus aucune lésion visible dans la vessie et la biopsie du lit du « témoin » était négative. Ainsi, dans l’approche pessimiste où les 6 autres auraient toujours leur cancer de vessie, cela ferait quand même 20 succès sur 36 (56 %). Sur les 19 malades suivis à 1 an, 14 (74 %) n’avaient pas de récidive.

Ce traitement prometteur et peu toxique mérite donc une étude de phase III.

Dr Jean-Fred Warlin

Référence

Rose A et coll. : Mistletoe plant extract in patient with nonmuscle invasive bladder cancer: results of a phase Ib/IIa single group dose escalation study. J. Urol. 2015 ; 194 : 939-943.

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Published by Jean-Pierre LABLANCHY - CHRONIMED - dans Concept
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