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16 janvier 2016 6 16 /01 /janvier /2016 20:32

Une étude américaine menée chez des souris modèles de la maladie neurodégénérative montre qu'elles ont un profil d'odeur urinaire anormal.


PROTOCOLE. La maladie d’Alzheimer est caractérisée par l’accumulation de plaques amyloïdes renfermant une grande quantité de peptides Aß, provenant d'un mauvais clivage d'une grosse protéine, l'APP. Des souris servent à reproduire la physiopathologie de cette maladie neurodégénérative. Elles sont génétiquement programmées pour exprimer en abondance dans leur cerveau le précurseur de la protéine amyloïde humaine (APP). L’ADN de ces animaux de laboratoire renferme des mutations du gène APP observées chez l’homme.

C’est ce modèle murin, largement utilisé en recherche, dont se sont servis des scientifiques américains pour tester leur hypothèse. Un marqueur existe-t-il dans l’urine de ces rongeurs qui permettrait de renseigner sur la survenue de la maladie et puisse être utilisé en complément d’autres biomarqueurs présents dans le liquide céphalo-rachidien (dans lequel baigne le cerveau et la moelle épinière) et/ou dans le sang ?

Les chercheurs en neurosciences de la faculté de médecine de la Case Western Reserve University (Cleveland, Etats-Unis) ont enregistré par chromatographie gazeuse, combinée à la spectrométrie de masse, par rapport à des souris normales, la présence d’un profil aberrant en composés volatiles dans l’urine des souris génétiquement manipulées pour surexprimer le gène muté APP. Ils ont ensuite déterminé si ces pics de substances odorantes dans l’urine de rongeurs pouvaient effectivement permettre de prédire qu’ils surexprimaient le gène APP. Les résultats de cette étude, publiés dans la revue Scientific Reports, éditée par le groupe Nature, indiquent que ce profil anormal a permis de correctement identifier les rongeurs modèles de la maladie d’Alzheimer dans plus de 84 % des cas. Ces données pourraient traduire une éventuelle signature d’odeur volatile associée à la maladie d’Alzheimer.

DIAGNOSTIC. Ces résultats préliminaires, répétons-le à ce jour uniquement observés dans un modèle animal, doivent être confirmés par d’autres équipes. Ils laissent néanmoins entrevoir une piste possible vers l’identification de marqueurs urinaires. Reste bien sûr à déterminer s’ils seraient fiables, et surtout utiles en biologie clinique, dans une stratégie diagnostique précoce, avant l’apparition des symptômes manifestes de la maladie neurologique.

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Published by Jean-Pierre LABLANCHY - CHRONIMED - dans Concept
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