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12 novembre 2015 4 12 /11 /novembre /2015 07:23

Maladie de Lyme : l’épidémie qu’on vous cache

Posted on 9 novembre 2015 by Florian Kaplar

Le livre « Maladie de Lyme, l’épidémie qu’on vous cache » de Viviane Schaller, docteur en pharmacie et biologiste, l’une des expertes de cette maladie en France, vient de paraître.

C’est l’occasion d’en savoir plus sur cette épidémie cachée et silencieuse qui peut avoir des répercussions graves sur la santé en cas de diagnostic ou de traitement négligés.

Dans cet article, Viviane Schaller nous parle de façon précise et rigoureuse de cette maladie et revient sur son parcours de combattante pour faire éclater la vérité, aux côtés des malades.

Bonjour Viviane Schaller, pouvez-vous nous dire qu’est-ce que la maladie de lyme et quelle est son origine ?

La maladie de Lyme est une zoonose, c’est à dire une maladie infectieuse des animaux, appelée borréliose, transmissible à l’homme principalement par des piqûres de tiques.

Les tiques sont en forte augmentation depuis quelques décennies dans tous les pays tempérés, et menacent la santé des humains ainsi que des animaux domestiques et sauvages, en grande partie à cause du changement climatique et de la pollution qui favorisent la prolifération des tiques.

La borréliose de Lyme est une maladie infectieuse très polymorphe. C’est la « grande imitatrice » de nombreuses formes cliniques. Elle est difficile à identifier parce qu’il existe 300 souches différentes de Borrélies (bactéries) dans le monde. Ces 300 variétés vont
entraîner de très nombreux symptômes – environ 800 – d’ordre neurologique, rhumatologique, dermatologique, cardiaque, oculaire, endocrinien, immunitaire.

Par exemple :
borrélia burgdorféri a un tropisme articulaire et cardiaque,
borrélia garinii entraîne des problèmes neurologiques,
borrélia afzelli des problèmes de peau,
borrélia spielmanii des problèmes articulaires …

Sachant que lors d’une piqûre de tique, plusieurs souches de borrélies sont introduites en même temps dans l’organisme, la personne présentera souvent plusieurs symptômes simultanément.

La contamination peut évoluer progressivement vers une maladie de Lyme chronique, comme une fatigue intense persistante ou des douleurs inexpliquées et migrant dans tout le corps, en passant par des troubles cognitifs (mémoire, concentration, vertiges…), psychiques (dépression, autisme…), des problèmes rhumatologiques (polyarthrites…), dermatologiques (conjonctivite, hypersensibilité de la peau…), cardiaques (tachycardie, arythmie sur cœur sain …), voire des troubles plus graves suite à l’altération de la gaine de myéline entourant les nerfs (SEP, Alzheimer, Parkinson…) .

Depuis combien de temps cette maladie sévit-elle ?

Cette infection existe depuis des milliers d’années : Otzi, l’homme retrouvé dans les glaces en Autriche vivait il y a 5300 ans et avait une borréliose.

Elle n’a été mise en évidence que depuis une trentaine d’année aux USA, dans le Comté de Lyme(Connecticut), suite à une épidémie de polyarthrites chez de nombreux enfants, dont on a découvert l’origine : une infection à borrélia due à des piqûres de tiques.

Combien de personnes sont touchées dans le monde et en France ?

Etant donné la complexité des symptômes d’une part, la difficulté de poser un diagnostic biologique irréfutable d’autre part, le nombre de personnes atteintes est actuellement impossible à évaluer avec précision. Néanmoins, à l’instar du paludisme qui sévit dans certains pays africains au sein d’une population du fait de l’omniprésence de l’anophèle, on peut supposer que la borréliose sévit avec la même fréquence dans les pays tempérés à cause de la présence de plus en plus grande de tiques infestées.

Qu’est-ce qui vous a amené en tant que biologiste à vous intéresser à la maladie de Lyme et à diagnostiquer des milliers de cas dans votre laboratoire a Strasbourg ?

J’ai souvent été en contact avec des malades qui avaient des symptômes très suspects de la maladie de Lyme, qui s’adressaient à mon laboratoire pour le diagnostic. J’avais l’habitude de dialoguer avec eux et d’écouter leurs commentaires. Les résultats étaient très souvent négatifs avec la technique de dépistage ELISA.

Quelques patients m’ont montré des résultats refaits en Allemagne : ceux-ci contredisaient les miens. Qui avait raison ?

Un jour, un médecin strasbourgeois me fait remarquer qu’il avait tous les symptômes du Lyme, mais que son résultat était négatif. Il me demande des explications. Je n’étais pas en mesure de lui apporter une réponse, puisque j’avais à cette époque entièrement confiance dans les réactifs que j’utilisais.

Il me présente Bernard Christophe, pharmacien, qui s’intéresse à la maladie de Lyme et dispose de nombreux articles scientifiques internationaux sur cette pathologie. Nous organisons des réunions, où j’expose à plusieurs médecins alsaciens en quoi consistent les tests ELISA et les tests WESTERN-BLOT. Je leur fais part de mes doutes sur les tests ELISA de dépistage, et mon intention de mettre les WESTERN-BLOT, plus sensibles et spécifiques, à leur disposition chaque fois qu’ils le demanderaient, pour éviter de passer à côté du diagnostic. Tous observeront alors la bien meilleure corrélation entre les symptômes cliniques suspects et les résultats biologiques. Bientôt, d’autres confrères médecins feront appel à ce protocole, et les demandes afflueront de toute la France. Des milliers de cas seront diagnostiqués dans mon laboratoire.

Vous êtes sous le coup d’une procédure judiciaire pour avoir contourne le « consensus 2006 » qui prévoyait l’utilisation d’un seul test ELISA, que vous avez considéré, avec d’autres experts, comme moins fiable que le WESTERN-BLOT. Revers de la médaille, on vous a accusée d’avoir dépisté trop de personnes considérées comme atteintes de cette maladie selon vos critères et on a fait fermer votre labo. Comment cette maladie est-elle dépistée dans les autres pays concernés ?

J’étais seule à considérer le test de dépistage ELISA comme étant moins fiable que le WESTERN-BLOT. Je n’avais l’appui d’aucun « expert ». Ce n’est qu’en 2011 que la composition du réactif de dépistage ELISA a été adaptée aux variétés de souches européennes, mais le WESTERN-BLOT restait toutefois très supérieur en fiabilité. Les « experts » du CNR (Centre national de référence) ont refusé tout dialogue sur ce problème des tests de dépistage étant donné que c’est eux qui avaient été chargé de valider les tests ELISA, et eux qui avaient signé le consensus 2006. Ils se sont seulement évertués à me discréditer pendant des années, de plus en plus insistants au fur et à mesure que les demandes des médecins augmentaient. Cette situation a tellement excédé les experts qu’ils ont fini par obliger l’ARS (Agence régionale de santé) à procéder à la fermeture brutale de mon laboratoire, sans le moindre argument scientifique qui aurait pu contredire ma pratique.

Ceux qui m’ont suivie pendant des années étaient des médecins de terrain (et non des « experts ») qui avaient la conviction que mon protocole était meilleur que le protocole officiel, puisqu’ils constataient objectivement une bien meilleure corrélation entre les symptômes de la maladie et mes sérologies. Par ce protocole, j’évitais de rendre des faux négatifs, et dispose de toutes les preuves scientifiques pour le démontrer.

On constate qu’au sein du CNR strasbourgeois : les « experts » ont pour mission de gérer la question des diagnostics de la maladie de Lyme, ils sont aussi en communauté d’intérêt avec les fabricants des réactifs ELISA, ils ont tout pouvoir en la matière, bien que leur objectivité ne soit pas garantie, et pour cause, ils maintiennent un véritable diktat du consensus 2006 au détriment de l’intérêt des malades !

Pourtant, depuis décembre 2014, le rapport du HCSP (Haut conseil de la santé publique) me donne raison, en affirmant que : 2/3 des tests ELISA ne répondent pas aux exigences, les tests WESTERN-BLOT ont une spécificité et une sensibilité très supérieure ! Malgré ce rapport du HCSP, connu par les « experts » du CNR, aucune mesure n’a été prise pour améliorer les diagnostics. On continue à « recommander » (exiger) de faire le diagnostic de la maladie de Lyme avec un test de dépistage qui est faux deux fois sur trois !

Dans d’autres pays, comme en Allemagne ou aux USA, les pratiques sont plus libres, on autorise les WESTERN-BLOT sans imposer un protocole rigide comme en France.

Quels sont les traitements (conventionnels ou non conventionnels) que peuvent suivre les patients ? Sont-ils disponibles en France ?

Les traitements classiques sont des antibiotiques, dont l’utilisation est limitée à 3-4 semaines selon le protocole officiel (consensus 2006) qui considère que les borrélies sont alors entièrement détruites.

En réalité, le temps requis est beaucoup plus long, puisque les borrélies présentent des résistances aux antibiotiques, ce qui entraîne une maladie de Lyme chronique. Mais les médecins qui traitent plus longtemps les malades sont poursuivis par les caisses d’assurance maladie.

Certains médecins font appel à d’autres traitements à base d’huiles essentielles ayant des propriétés bactéricides, et là encore, le protocole officiel s’y oppose, traitant souvent les médecins qui les prescrivent de charlatans.

Il faut aussi insister sur le traitement du terrain, qui représente 50% dans la réussite dans l’amélioration du malade. En effet, on rétablit l’équilibre acido-basique par une alimentation ciblée : en privilégiant fruits et légumes (apports en vitamines, oligoéléments, sels minéraux), en supprimant les sucreries, farines blanches, produits laitiers. On facilite l’élimination des toxines par : une amélioration des fonctions hépatiques et rénales, une chélation des métaux lourds, une activité physique régulière.

Suite à une maladie de Lyme devenue chronique, l’organisme est en immunodépression. Le rétablissement des défenses immunitaires est indispensable pour un retour à la normale.

Cela est valable pour toutes les infections, selon l’adage : « le microbe n’est rien, le terrain est tout ».

Que peut-il arriver a une personne qui serait atteinte, mal diagnostiquée (ou à son insu) et qui ne se soignerait pas ?

Certaines personnes restent « porteurs sains » très longtemps.

Certaines personnes sont d’emblée malades suite au premier contact.

D’innombrables intermédiaires existent et se manifestent par environ 800 symptômes différents. Ils se produisent isolément ou cumulés, par périodes variables, avec des phases de rémission et de réactivation, des douleurs migrantes d’un endroit à l’autre du corps, chaque cas étant un cas particulier…. C’est l’état immunitaire du patient, son état de stress, des co-infections préexistantes ou une simple grippe, qui provoquent le déclenchement des symptômes.

La maladie ne va pas disparaître toute seule, elle aura plutôt tendance à s’aggraver, étant donné l’immunodépression qui s’installe avec le temps. Cela peut dégénérer vers un problème grave, si la personne n’est pas diagnostiquée et soignée à temps. Des symptômes neurologiques peuvent apparaître progressivement (FATIGUE CHRONIQUE, SEP, PARKINSON, SLA, AUTISME…). D’autres symptômes, rhumatologiques, dermatologiques, endocriniens, peuvent apparaître également (POLYARTHRITE CHRONIQUE EVOLUTIVE / FIBROMYALGIE/ ACRODERMATITE / THYROIDITE …).

Quelles sont les actions que vous souhaitez désormais conduire, outre celles engagées sur le plan judiciaire, pour faire rouvrir votre laboratoire ?

On m’accuse d’avoir fait les WESTERN-BLOT pour escroquer la Sécurité sociale ! On a ainsi bafoué mon action, alors que mon seul objectif était de faire mon travail le plus scrupuleusement possible, en rendant le résultat le plus juste possible, en évitant de passer à côté du diagnostic par l’utilisation des meilleures méthodes techniques disponibles !

Dans cette affaire, il y a un double scandale :

  • celui qui me touche personnellement : transformer un problème scientifique grave de conséquence en un sordide procès d’escroquerie en m’accusant de « faux positifs » et en fermant mon laboratoire du jour au lendemain, en m’infligeant des sanctions lourdes (300 000 euros de pénalités). On m’a ainsi spoliée de mon instrument de travail sans aucun argument scientifique valable !
  • celui qui concerne des milliers de malades où l’attitude des « experts » du CNR consiste à fermer les yeux sciemment sur des faux négatifs en toute légalité (je dispose des preuves écrites de ces fautes graves), au détriment des malades qui restent ainsi sans diagnostic. Cela signifie que des milliers de malades sont considérés exempts de l’infection à borrélia, parce que le test est faussementnégatif.

Actuellement, les malades en France ne trouvent plus aucun recours nulle part. Ils sont obligés de chercher des solutions en Allemagne ou aux USA, s’ils en ont les moyens, pour se faire diagnostiquer et soigner. En France, c’est le désert, tout est resté figé autour du consensus 2006 qui impose le test ELISA comme seul moyen de dépistage de la maladie de Lyme.

Actuellement, bien que le Conseil de l’Ordre des biologistes m’interdise d’exercer ma profession pendant deux ans, je m’investis dans :

  • l’étude de cette infection bactérienne en étudiant sa mise en évidence par des méthodes directes pour le diagnostic et le suivi du malade après traitement.
  • des conférences quand on m’y invite.
  • la diffusion de mon livre qui raconte l’histoire de mon combat contre le déni du Lyme.

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Published by Jean-Pierre LABLANCHY - CHRONIMED - dans Infections froides
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