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11 septembre 2015 5 11 /09 /septembre /2015 23:09

Normalement, la morphologie d'une cellule est maintenue grâce à l'actine du cytosquelette et grâce aux sites d'adhésions focales de la membrane à la matrice extra-cellulaire. Ces sites d'adhésion spécialisés jouent un rôle dans dans l'organisation architecturale et dans la polarité cellulaire. Ce sont en fait des sites dynamiques.

En sus des modifications de la forme des entérocytes, des altérations de l'actine du cytosquelette entérocytaire sont observées dans la maladie cœliaque (1). Les entérocytes montrent une hauteur plus faible, gluten-dépendante, dans la maladie cœliaque (2). Des études microscopiques quantitatives révèlent que la gliadine endommage directement la F-actine et les protéines de jonctions serrées (TJ) dans les cellules Lovo (3). L'interaction directe des peptides de la gliadine avec l'actine nuit au trafic intracellulaire des cellules Cos-1 (4).

Les peptides du gluten induisent un remodelage du cytosquelette tout en altérant la mobilité des cellules dendritiques (5). De plus, la gliadine et ses peptides, dont le peptide toxique P31-43, interfèrent avec les réarrangements de l'actine du cytosquelette à la fois dans les cellules de la muqueuse cœliaque et dans les lignées cellulaires (5). Les peptides P57-68 et P31-43 sont résistants à la digestion par les protéases gastriques, pancréatiques et intestinales, et demeurent par conséquent actifs in vivo dans l'intestin après ingestion de gluten. Le traitement in vivo du grêle de patients cœliaques avec des peptides de la gliadine déclenche le réarrangement du cytosquelette entérocytaire (6)(7). Ce phénomène est aussi détectable dans les cellules Caco-2, une lignée habituellement utilisée pour étudier les effets de la gliadine sur le métabolisme, les fonctions de barrière et l'apoptose (8)(9). Le traitement de cellules Caco-2 avec des peptides de gliadine digérée avec la trypsine, et avec le peptide toxique P31-43, cause des réarrangements de l'actine du cytosquelette similaires à ceux induits par l'EGF (epidermal growth factor) (10). Les jonctions cellulaires serrées (TJ) sont également altérées dans la maladie cœliaque active, et ces jonctions sont reliées au cytosquelette (11)(12).

On a décrit un phénotype cellulaire cœliaque présent chez tous les patients, indépendant du typage HLA : forme cellulaire aplatie, présence de fibres d'actine raccourcies... Le peptide P31-43 induit ce phénotype dans les fibroblastes cutanés contrôle, avec une augmentation des sites de contact avec la matrice extracellulaire (fibronectine) (13).

Citons encore une étude intéressante qui a également retenu mon attention (14), dans laquelle on montre que le peptide toxique P31-43 induit l'accroissement du complexe IL-15/récepteur IL-15 alpha à la surface cellulaire en altérant le trafic des vésicules.

Le peptide P31-49 de la gliadine, normalement complètement dégradé chez les malades cœliaques traités et chez les sujets sains, reste intact dans la maladie cœliaque active. Il active l'immunité innée. Associé à une sIgA et à la transglutaminase 2, ce peptide forme un complexe, le protégeant de la dégradation lysosomiale, entrant via la molécule CD 71 anormalement exprimée à l'apex des entérocyteschez les malades cœliaques actifs. Le CD 71 est le récepteur à la transferrine mais il a été décrit comme un nouveau récepteur à polyIgA. Le passage paracellulaire est négligeable. Il est hautement probable que d'autres peptides puissent entrer dans l'entérocyte malade de la même manière. Le P32-43 interagit avec les vésicules précoces d'endocytose, réduit leur mobilité et retarde leur maturation (15).

Mises bout à bout, ces études montrent que les peptides du gluten, au moins les 3 cités plus haut, viennent contrarier le bon fonctionnement des trafics intracellulaires en perturbant le cytosquelette. J'oserais dire que la cellule est corsetée avec toutes ces "baleines".

Cercle vicieux possible

La prévalence de la maladie cœliaque dans le diabète insulino-dépendant est 20 fois plus élevée que dans la population générale.


- Les vésicules de GLUT4 ne montent pas bien à la membrane dans le diabète.

- Un peptide de l'alpha-gliadine fait sécréter l'IL-8 qui recrute les PNN.

- Sécrétion TNF-alpha subséquente + LPS Gram- + peptides de gliadine-=> zonuline => dysjonction TJ.

- Stimulation NF-kappa B, espèces réactives radicalaires => peroxydation lipidique gênant le récepteur à l"insuline via ses IRS-1 et/ou kinases.

- On peut donc débuter une résistance à l'insuline.
- L'insuline augmente l'expression membranaire des CD 71 => passage accru de peptide/transglutaminase/sIgA.

D'où renforcement de ce cercle vicieux.

On peut donc en pure hypothèse faire un lien entre

présence de peptides de la gliadine et début de résistance à l'insuline.

Questions


- les peptides de gliadine retardent la maturation vésiculaire. Des vésicules de GLUT4 aussi ?

Normalement, la morphologie d'une cellule est maintenue grâce à l'actine du cytosquelette et grâce aux sites d'adhésions focales de la membrane à la matrice extra-cellulaire. Ces sites d'adhésion spécialisés jouent un rôle dans dans l'organisation architecturale et dans la polarité cellulaire. Ce sont en fait des sites dynamiques.

En sus des modifications de la forme des entérocytes, des altérations de l'actine du cytosquelette entérocytaire sont observées dans la maladie cœliaque (1). Les entérocytes montrent une hauteur plus faible, gluten-dépendante, dans la maladie cœliaque (2). Des études microscopiques quantitatives révèlent que la gliadine endommage directement la F-actine et les protéines de jonctions serrées (TJ) dans les cellules Lovo (3). L'interaction directe des peptides de la gliadine avec l'actine nuit au trafic intracellulaire des cellules Cos-1 (4).

Les peptides du gluten induisent un remodelage du cytosquelette tout en altérant la mobilité des cellules dendritiques (5). De plus, la gliadine et ses peptides, dont le peptide toxique P31-43, interfèrent avec les réarrangements de l'actine du cytosquelette à la fois dans les cellules de la muqueuse cœliaque et dans les lignées cellulaires (5). Les peptides P57-68 et P31-43 sont résistants à la digestion par les protéases gastriques, pancréatiques et intestinales, et demeurent par conséquent actifs in vivo dans l'intestin après ingestion de gluten. Le traitement in vivo du grêle de patients cœliaques avec des peptides de la gliadine déclenche le réarrangement du cytosquelette entérocytaire (6)(7). Ce phénomène est aussi détectable dans les cellules Caco-2, une lignée habituellement utilisée pour étudier les effets de la gliadine sur le métabolisme, les fonctions de barrière et l'apoptose (8)(9). Le traitement de cellules Caco-2 avec des peptides de gliadine digérée avec la trypsine, et avec le peptide toxique P31-43, cause des réarrangements de l'actine du cytosquelette similaires à ceux induits par l'EGF (epidermal growth factor) (10). Les jonctions cellulaires serrées (TJ) sont également altérées dans la maladie cœliaque active, et ces jonctions sont reliées au cytosquelette (11)(12).

On a décrit un phénotype cellulaire cœliaque présent chez tous les patients, indépendant du typage HLA : forme cellulaire aplatie, présence de fibres d'actine raccourcies... Le peptide P31-43 induit ce phénotype dans les fibroblastes cutanés contrôle, avec une augmentation des sites de contact avec la matrice extracellulaire (fibronectine) (13).

Citons encore une étude intéressante qui a également retenu mon attention (14), dans laquelle on montre que le peptide toxique P31-43 induit l'accroissement du complexe IL-15/récepteur IL-15 alpha à la surface cellulaire en altérant le trafic des vésicules.

Le peptide P31-49 de la gliadine, normalement complètement dégradé chez les malades cœliaques traités et chez les sujets sains, reste intact dans la maladie cœliaque active. Il active l'immunité innée. Associé à une sIgA et à la transglutaminase 2, ce peptide forme un complexe, le protégeant de la dégradation lysosomiale, entrant via la molécule CD 71 anormalement exprimée à l'apex des entérocyteschez les malades cœliaques actifs. Le CD 71 est le récepteur à la transferrine mais il a été décrit comme un nouveau récepteur à polyIgA. Le passage paracellulaire est négligeable. Il est hautement probable que d'autres peptides puissent entrer dans l'entérocyte malade de la même manière. Le P32-43 interagit avec les vésicules précoces d'endocytose, réduit leur mobilité et retarde leur maturation (15).

Mises bout à bout, ces études montrent que les peptides du gluten, au moins les 3 cités plus haut, viennent contrarier le bon fonctionnement des trafics intracellulaires en perturbant le cytosquelette. J'oserais dire que la cellule est corsetée avec toutes ces "baleines".

Cercle vicieux possible

La prévalence de la maladie cœliaque dans le diabète insulino-dépendant est 20 fois plus élevée que dans la population générale.


- Les vésicules de GLUT4 ne montent pas bien à la membrane dans le diabète.

- Un peptide de l'alpha-gliadine fait sécréter l'IL-8 qui recrute les PNN.

- Sécrétion TNF-alpha subséquente + LPS Gram- + peptides de gliadine-=> zonuline => dysjonction TJ.

- Stimulation NF-kappa B, espèces réactives radicalaires => peroxydation lipidique gênant le récepteur à l"insuline via ses IRS-1 et/ou kinases.

- On peut donc débuter une résistance à l'insuline.
- L'insuline augmente l'expression membranaire des CD 71 => passage accru de peptide/transglutaminase/sIgA.

D'où renforcement de ce cercle vicieux.

On peut donc en pure hypothèse faire un lien entre

présence de peptides de la gliadine et début de résistance à l'insuline.

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Published by Jean-Pierre LABLANCHY - CHRONIMED - dans Concept
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commentaires

fiévet 03/10/2015 01:46

salut Lablanchy, t'as juste oublié de me remercier pour avoir fait ce travail à ta place, que tu mets en ligne ici...
Fiévet