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26 juin 2015 5 26 /06 /juin /2015 06:30

Nouveaux regards sur la schizophrénie


Les dernières recherches évoquent l’inflammation cérébrale comme déclencheur possible de la maladie, et soulignent l’importance d’un repérage précoce.


Pourra-t-on un jour prévenir la schizophrénie ? « Il y a vingt ans, c’était inenvisageable.


Aujourd’hui, c’est un objectif atteignable, assure le professeur Marie-Odile Krebs, chef de service à l’hôpital Sainte-Anne (Paris), qui préside l’Institut de psychiatrie, incluant vingt et une équipes françaises.


Nous pouvons maintenant proposer des prises en charge précoces, avant même le premier épisode psychotique, ce qui réduit sensiblement le risque de basculer dans une schizophrénie.


LE MONDE SCIENCE ET TECHNO
Le 22 juin 2015 à 18h01


Schizophrénie : les prémices décelées par l'imagerie


Une intense activité est repérable dans une zone du cerveau au début de la maladie.


Comment savoir si l'adolescent qui perd sa capacité de concentration, sa sociabilité et la cohérence dans ses pensées est déjà en train de développer une maladie mentale sévère comme la schizophrénie?


Actuellement, cette pathologie n'est traitée qu'après un premier épisode de délire, alors que les symptômes précurseurs sont souvent apparus des années plus tôt.


Un dépistage plus précis de la petite minorité des 15-25 ans vraiment à risque permettrait d'anticiper la prise en charge de la maladie voire tenter de l'enrayer.


Un premier pas vient d'être franchi par des chercheurs de l'Université Columbia à New York.


L'équipe, dirigée par Scott Small, a étudié, par imagerie cérébrale, l'évolution de la maladie dans l'hippocampe, une région du cerveau cruciale pour la mémoire et l'attention et qui est parmi les premières touchées par la schizophrénie.


Dans un article de la revue Neuron, les scientifiques new-yorkais révèlent qu'ils ont décelé chez dix patients, victimes d'un premier épisode psychotique, une intense activité dans une zone précise de l'hippocampe, puis son atrophie au cours de la progression de la maladie.


«Dans ce très beau travail les chercheurs ont non seulement dévoilé une partie du scénario de l'évolution vers la maladie mais offert une nouvelle approche pour la prévenir», relève Marie-Odile Krebs, professeur de psychiatrie à l'université Paris Descartes, chef de service à Sainte-Anne/Inserm.


En effet, pour cerner le mécanisme en jeu, l'équipe de Scott Small a pu reproduire ces modifications de l'hippocampe chez la souris en lui injectant de la kétamine, un stupéfiant qui induit des symptômes proches de la schizophrénie. Ils ont montré que l'atrophie de l'hippocampe est directement liée à la présence excessive d'un neurotransmetteur appelé glutamate, et que l'injection préalable d'un médicament limitant son apparition permet de préserver l'hippocampe. Ils en déduisent que la réduction par des médicaments déjà existants ou en développement des quantités de glutamate présentes chez les personnes reconnues à risque par imagerie cérébrale pourrait prévenir l'aggravation de la maladie.


Mais comment repérer les adolescents qui pourraient bénéficier d'un tel traitement?


«C'est tout l'enjeu, précise Marie-Odile Krebs, car seule une petite minorité de jeunes sont dans ce cas.»


Et même après un premier épisode psychotique, l'évolution de la maladie vers sa forme sévère ne concernera qu'un tiers des patients.


«Dès les premiers symptômes d'une souffrance psychique, le jeune devrait pouvoir consulter avec ses parents une équipe de soignants spécialisés», poursuit cette spécialiste.


L'intérêt de la prévention


Une visite en centre médico-psychologique ou médico-psychopédagogique (selon l'âge, liste consultable sur le site de la Fondation Pierre Deniker) peut déjà permettre de rompre l'isolement des adolescents les plus menacés et de prévenir leur exposition à des facteurs aggravants, voire déclenchants, de la maladie comme le stress ou le cannabis.


Elle peut aussi offrir une aide adaptée par le biais de méthodes de gestion du stress ou de thérapies cognitives comportementales.


«Mais ces formes débutantes de la maladie sont difficiles à évaluer, estime le Pr Krebs.


Elles doivent faire l'objet d'une approche pluridisciplinaire spécialisée, telle que celle que nous tentons de promouvoir au sein de notre Groupe de Recherche en Psychiatrie (GDR 3557)».


Cette évaluation, faisant appel à l'imagerie, la biologie, la génétique ainsi qu'à un bilan neuropsychologique, familial ou pédagogique, permet d'adapter au mieux la prise en charge.


Demain, peut-être que des régimes alimentaires neuroprotecteurs, recourant par exemple aux lipides oméga 3, seront aussi proposés.


«Les mesures de prévention pour les jeunes à risque sont beaucoup plus simples que les traitements lourds de la psychiatrie, ajoute Marie-Odile Krebs.


Cette étude va dans ce sens, avec peut-être un nouveau moyen d'enrayer l'évolution vers la schizophrénie.»


Par Pierre Kaldy - le 27/06/2013 lefigaro.fr

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Published by Jean-Pierre LABLANCHY - CHRONIMED - dans Infections froides
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