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8 juin 2015 1 08 /06 /juin /2015 11:41

Les liens entre toxoplasmose et schizophrénie se resserrent

Une équipe de l’Inserm (unité 955 Inserm/Université Paris Est Créteil Val de Marne, Institut Mondor de recherche biomédicale, Créteil, 94) publie les résultats de 2 nouvelles études qui confirment l’idée évoquée ces dernières années selon laquelle, la schizophrénieet les troubles bipolaires seraient imputables, au moins en partie, à la toxoplasmose.


La première montre que la toxoplasmose est plus fréquente chez les personnes atteintes de schizophrénie, troubles bipolaires ou encore troubles obsessionnels compulsifs.

Leur analyse, qui a porté sur une cinquantaine d’études montre, en effet, que si la toxoplasmose concerne près de 43% de la population française, elle peut être détectée chez 60 à 90% des patients atteints de schizophrénie ou de troubles bipolaires.

"Les analyses génétiques ont montré que les gènes de susceptibilité associés à ces maladies sont impliqués dans le système immunitaire et non dans des fonctions cérébrales : tout porte donc à croire que des facteurs infectieux ou inflammatoires sont impliqués dans l’étiologie de ces maladies psychiatriques.

Des chercheurs estiment même que 13 à 30% des cas de schizophrénie pourraient être imputables à la toxoplasmose", explique Guillaume Fond, coauteur de ces travaux.


La seconde étude indique que, chez les patients infectés, l’utilisation de médicaments psychotropes présentant un effet anti-toxoplasmique réduit davantage la fréquence des épisodes dépressifs que les psychotropes sans effet sur le parasite.

Cette activité "s’explique par l’induction d’une anomalie du flagelle du parasite, qui l’immobilise et entraine sa mort.

Dans la schizophrénie, les phénothiazines et l’haloperidol ont par exemple cet effet, tout comme le valproate, indiqué dans les troubles bipolaires", précise Guillaume Fond.

Les chercheurs estiment que ces données sont suffisamment parlantes pour systématiser le dépistage de la toxoplasmose chez les patients présentant un trouble psychiatrique.

"Des études longitudinales permettront alors de démontrer définitivement si utiliser un traitement avec activité anti-toxoplasmique améliore le pronostic de ces patients", conclut Guillaume Fond.

Source : Inserm. 3 juin 2015

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Published by Jean-Pierre LABLANCHY - CHRONIMED - dans Infections froides
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