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25 mai 2015 1 25 /05 /mai /2015 10:11

L’alcool protégerait de la SEP…


Il a été observé que les buveurs d'alcool (par rapport aux non-buveurs) avaient un risque moindre de présenter certaines maladies auto-immunes, comme la polyarthrite rhumatoïde, l'hypothyroïdie auto-immune et le lupus systémique, avec un effet dose-dépendant. Pour la sclérose en plaques (SEP), les données actuelles sont moins probantes mais deux études cas-contrôles menées en Suède retrouvent le même type d'association inverse entre la consommation d'alcool et le risque de SEP.





Ces deux études indépendantes ont été menées sur une large population de sujets âgés de 16 à 70 ans : 745 cas de SEP et 1 761 contrôles participant à l'étude EIMS (Epidemiological Investigation of Multiple Sclerosis) et 5 874 cas et 5 246 contrôles de l'étude GEMS (Genes and Environment in Multiple Sclerosis). Les habitudes de consommation d'alcool ont été évaluées sur une période de, respectivement, 5 ans et 10 ans, et les sujets répartis en trois groupes en fonction de leur niveau de consommation hebdomadaire : faible (< 50 g pour les femmes et < 100 g pour les hommes), modérée (50-112 g et 100-168 g) et élevée (> 112 g et > 168 g).





Les deux études donnent des résultats concordants et significatifs. Dans l'étude EIMS, un effet « protecteur » a été constaté chez les participants des deux sexes rapportant une consommation élevée d'alcool. Comparativement aux sujets ne buvant pas d'alcool, leur risque de développer une SEP est pratiquement diminué de moitié : odd ratio (OR) de 0,6 chez les femmes (intervalle de confiance IC 95 % : 0,4-1) et de 0,5 chez les hommes (OR 0,5 ; IC 95 % : 0,2-1). Dans l'étude GEMS, la consommation de plus de trois verres de vin ou de plus de cinq verres de spiritueux par semaine est associée à un OR de 0,7 (IC 95 % 0,5-0,8 et 0,5-0,9 pour les deux types de boissons). La réduction du risque de SEP est plus importante chez les fumeurs que chez les non fumeurs.





Les mécanismes par lesquels l'alcool influe sur le risque d'auto-immunité restent à élucider. Des données expérimentales et cliniques suggèrent que de fortes doses ont des propriétés immunomodulatrices. On a aussi constaté que l'alcool traverse rapidement la barrière hémato-encéphalique et qu'il entraine des modifications hormonales qui pourraient également médier son effet immunosuppresseur. Quoi qu'il en soit, les auteurs soulignent que, si l'on considère les résultats de ces deux études, il n'y a pas de raison de recommander l'abstinence totale aux patients atteints de SEP, et que l'alcool pourrait bien être un autre facteur de risque modifiable de cette maladie.


JIM15 jan 2014

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Published by Jean-Pierre LABLANCHY - CHRONIMED - dans Nutrition
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