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25 mai 2015 1 25 /05 /mai /2015 18:56

Une molécule actuellement à l'étude permettrait d'augmenter très nettement la sensibilité des cellules tumorales à la chimiothérapie.


Selon les derniers chiffres de l'Institut national du cancer (INCa), environ 9 000 hommes et femmes développent un cancer du pancréas chaque année en France, le plus souvent après la cinquantaine.


Cette maladie fait particulièrement peur, à juste titre puisque moins de 5 % des malades sont encore en vie cinq ans après le diagnostic.


C'est pourquoi toute découverte susceptible de mieux la combattre est scrutée par les soignants, les malades et leurs familles. Récemment, une équipe de Toulouse* a publié dans une revue scientifique des travaux montrant pourquoi les cellules de cancer du pancréas résistent à la chimiothérapie. Ils testent aujourd'hui l'efficacité d'une molécule permettant de réduire ce phénomène, et donc d'améliorer la sensibilité au traitement.


Dans un communiqué de presse, l'Inserm rappelle que l'une des raisons de la gravité de cette maladie est la capacité des cellules cancéreuses de développer des mécanismes de résistance à la chimiothérapie, ce qui rend le traitement inefficace.


Mais ce n'est pas tout : le microenvironnement de la tumeur serait également largement responsable du phénomène. Il est constitué de stroma (ou tissu conjonctif), « un mélange de cellules immunitaires, endothéliales et de fibroblastes, immergées dans une matrice extracellulaire extrêmement dense et compacte », précise le document. « Ce stroma contient notamment des fibroblastes associés au cancer (CAFs) très abondants, qui produisent des protéines en excès. »


Tests sur des souris


Les chercheurs ont voulu évaluer l'éventuelle influence de ces CAFs sur la chimiorésistance.


Après avoir récupéré ces fibroblastes dans les tumeurs de malades opérés dans les CHU de Toulouse et de Limoges, ils ont mené des travaux chez l'animal. Ils ont greffé des cellules tumorales humaines chez des souris, puis les ont traitées par chimiothérapie.


Et ils ont découvert que les cancers grossissaient plus en présence de CAFs qu'en leur absence, preuve de leur implication dans la résistance au traitement. Ils ont même réussi à identifier le mécanisme en jeu.


Et, par chance, il existe déjà un médicament qui agit à ce niveau. Cette molécule (baptisée SOM230) est déjà utilisée dans le traitement de tumeurs rares qui se développent à partir de cellules productrices d'hormones (les tumeurs dites neuroendocrines).


Et chez la souris, les résultats ne se sont pas fait attendre : la progression des cancers du pancréas a été interrompue par l'administration de ce traitement en plus de la chimiothérapie.


Les chercheurs estiment donc « pertinent » de bloquer les CAFs chez les patients humains. Corinne Bousquet, coauteur des travaux, explique qu'un essai clinique de phase 1 visant à vérifier l'innocuité de l'association entre la chimiothérapie et le SOM230 a déjà eu lieu chez l'homme.


Un essai de phase 2, permettant d'évaluer son efficacité, devrait être lancé prochainement.


On saura donc bientôt si cette bataille a des chances d'être gagnée dans la guerre que livrent les scientifiques contre le cancer du pancréas.


* unité 1037 Inserm/ Université de Toulouse III Paul Sabatier, Centre de recherche en cancérologie de Toulouse.

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Published by Jean-Pierre LABLANCHY - CHRONIMED - dans Concept
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