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2 avril 2015 4 02 /04 /avril /2015 12:34

Les entérobactéries sur le point de devenir des superbactéries

  • APA
  • 1 avr 201

Les carbapénèmes sont normalement utilisés pour les patients qui sont gravement malades ou qui sont infectés par des bactéries résistantes. De ce fait, les résistances contre ces puissants antibiotiques sont préoccupantes. Des scientifiques américains et pakistanais viennent de découvrir que deux gènes de la résistance à cette classe d’antibiotiques pouvaient être facilement associés à des entérobactéries, qui sont responsables d’un nombre considérable d’infections nosocomiales. L’étude a été présentée dans la revue « Emerging Infectious Diseases ».

Les centres américains pour le contrôle et la prévention des maladies (Centers for Disease Control and Prevention, CDC) considèrent que des entérobactéries résistantes aux capabénèmes sont l’un des trois types de bactéries résistantes aux antibiotiques pouvant être parmi les plus dangereuses. Le taux de mortalité parmi les patients ayant un système immunitaire affaibli est de 50 pour cent. Deux gènes en particulier sont responsables de la résistance aux carbapénèmes des entérobactéries : KPC et NDM-1. Le gène KPC a été découvert en 2001 à New York et s’est rapidement propagé dans le monde entier, à l’exception de l’Inde, du Pakistan et d’autres pays du sud de l’Asie. Le gène NDM-1 a d’abord été détecté en Inde en 2006 et s’est propagé en peu de temps dans le sud de l’Asie.

En raison de l’exclusivité géographique des deux gènes de résistance, les chercheurs ont supposé que les bactéries de ces régions étaient génétiquement différentes. Cela aurait pu expliquer pourquoi il n’y avait pas eu de croisement. Mais ce n’était pas le cas. La forte homologie génétique des bactéries a suggéré que la résistance aux antibiotiques pouvait être transférée d’une bactérie à une autre à partir de ces zones géographiques.

Les chercheurs ont également séquencé des plasmides qui pouvaient aisément passer d’une bactérie à une autre. Ils ont ainsi été capables d’identifier des cas dans lesquels des plasmides portant le gène NDM-1 ou KPC étaient pratiquement identiques et étaient par conséquent capables de faciliter la propagation des résistances aux antibiotiques entre les agents pathogènes que l’on trouve aux États-Unis et dans le sud de l’Asie. Par ailleurs, des signes indiquent que ce brassage pourrait se produire actuellement dans certaines régions de Chine.

« Nos découvertes suggèrent également qu’il va devenir plus facile pour les souches de ces bactéries qui ne sont pas encore résistantes de récupérer un gène qui leur permettra de survivre à un traitement par des carbapénèmes » a affirmé l’auteur principal, Gautam Dantas. « Cela ne devrait pas être un problème pour la plupart d’entre nous, mais comme des formes d’entérobactéries résistantes aux médicaments sont de plus en plus répandues, il y aura un risque accru de transmettre l’une de ces superbactéries à un ami dont le système immunitaire est affaibli et celles-ci pourront lui être réellement nocives. » M. Dantas recommande donc de limiter strictement l’utilisation des carbapénèmes aux cas où d’autres traitements ne sont pas efficaces.

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Published by Jean-Pierre LABLANCHY - CHRONIMED - dans Infections froides
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