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1 avril 2015 3 01 /04 /avril /2015 22:15

De nombreuses personnes, même celles dont le poids est normal, essaient d’éviter les aliments gras ou très sucrés. La tentation est toutefois souvent trop forte et la maîtrise de soi disparaît. Cela est normal, en particulier lorsque la faim augmente et que celle-ci accroît l’intensité de la gratification par la nourriture. Ce n’est pas le cas chez les personnes souffrant d’anorexie mentale (anorexia nervosa, AN) car elles sont capables d’ignorer la gratification associée à la nourriture. Des chercheurs de l’Université de Californie de San Diego (États-Unis) viennent de présenter de nouvelles constatations sur ce qui se passe dans le cerveau des patients atteints d’AN dont les habitudes alimentaires sont perturbées. Les résultats ont été publiés dans la revue scientifique « Biological Psychiatry ».

Pour l’étude, la réaction de gratification par la nourriture en relation avec l’état métabolique, faim ou satiété, a été examinée. 23 femmes ayant des antécédents d’AN et 17 femmes sans habitudes alimentaires perturbées ont été incluses dans l’étude. Afin qu’il n’y ait aucune confusion avec des états anormaux de faim, aucune patiente activement anorexique n’a été analysée par les chercheurs.

Lorsqu’elles avaient faim, les femmes en bonne santé présentaient une augmentation de l’activité dans la partie du cerveau qui est responsable de la recherche d’une gratification. Ce n’était pas le cas chez les sujets de l’étude anciennement atteints d’AN. Indépendamment de l’état métabolique, ces femmes présentaient une activation plus forte du circuit de contrôle cognitif.

Selon les chercheurs, cela montre que les femmes qui se sont remises de l’anorexie font preuve de deux habitudes similaires pour supprimer l’envie de gratification par de la nourriture. D’une part, le centre de gratification est déprimé lorsque la patiente a faim, et d’autre part, la partie du cerveau qui contrôle la maîtrise de soi est particulièrement active.

« Cette étude appuie l’idée que l’anorexie mentale est un trouble de nature neurobiologique. Nous avons longtemps été intrigués par le fait que des personnes atteintes d’AN pouvaient restreindre l’apport en nourriture même lorsqu’elle étaient affamées », explique l’auteure principale, Christina Wierenga. L’étude vient de montrer que même chez les anciennes personnes anorexiques, la faim n’est toujours pas une motivation pour manger.

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Published by Jean-Pierre LABLANCHY - CHRONIMED - dans Concept
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