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6 mars 2015 5 06 /03 /mars /2015 10:23

Convictions et comportements jouent un rôle pareillement important dans le syndrome de fatigue chronique




Les résultats d’une étude laissent penser que des thérapies axées sur l’auto-efficacité et les activités physiques pourraient être plus efficaces dans les cas de syndrome de fatigue chronique.


Contexte


Une thérapie cognitivo-comportementale en complément de soins médicaux spécialisés, ou une thérapie d’exercice gradué en complément de soins médicaux spécialisés, sont plus efficaces pour réduire la fatigue et améliorer la fonction physique qu’une thérapie de stimulation adaptative associée à des soins médicaux spécialisés, ou des soins médicaux spécialisés seuls, pour traiter un syndrome de fatigue chronique. Nous étudions les mécanismes de traitement putatifs.




Méthodes


Nous avons réalisé une analyse secondaire planifiée des influences dans l’essai PACE en comparant les soins médicaux spécialisés seuls, ou les soins médicaux spécialisés associés à une thérapie de stimulation adaptative, aux soins médicaux spécialisés associés à une thérapie cognitivo-comportementale, ou aux soins médicaux spécialisés associés à une thérapie d’exercice gradué, chez des patients atteints du syndrome de fatigue chronique. 641 participants ont été recrutés dans six cliniques spécialisées dans la prise en charge du syndrome de fatigue chronique du Service national de santé publique au Royaume-Uni, entre le 18 mars 2005 et le 28 novembre 2008. Nous avons évalué les influences d’après le produit de la méthode des coefficients avec les mesures à 12 semaines des influences et les mesures à 52 semaines des critères d’évaluation. Les principaux critères d’évaluation étaient la fatigue mesurée sur l’échelle de Chalder d’évaluation de l’intensité de la fatigue et la fonction physique, mesurée sur la sous-échelle de fonction physique du questionnaire SF-36. Nous avons inclus les covariables sources de confusion et utilisé un traitement par termes d’interaction des influences pour examiner les différences dans les liens entre influences et les résultats par groupe de traitement.




Résultats


L’effet facilité le plus important à la fois pour la thérapie cognitivo-comportementale et la thérapie d’exercice gradué, et les deux critères d’évaluations principaux, passait par des convictions selon le modèle appréhension-évitement, avec un effet de plus grande ampleur pour la thérapie d’exercice gradué (effets normalisés × 10, thérapie cognitivo-comportementale par rapport à thérapie de stimulation adaptative, fatigue : -1,22 ; IC à 95 % : -0,52 à -1,97, fonction physique 1,54, 0,86 à 2,31 ; thérapie d’exercice gradué par rapport à thérapie de stimulation adaptative, fatigue : -1,86, -0,80 à -2,89, fonction physique : 2,35, 1,35 à 3,39). Une augmentation de la tolérance à l’effort (distance parcourue en marchant pendant 6 minutes) était une puissante influence de l’effet de la thérapie d’exercice gradué (par rapport à la thérapie de stimulation adaptative, fatigue : -1,37 ; IC à 95 % : -0,76 à -2,21, fonction physique 1,90, 1,10-2,91), mais pas de la thérapie cognitivo-comportementale.




Interprétation


Notre principale conclusion est que les convictions selon le modèle appréhension-évitement étaient l’influence la plus forte, à la fois pour la thérapie cognitivo-comportementale et la thérapie d’exercice gradué. Des changements dans les convictions et les comportements ont influencé les effets de la thérapie cognitivo-comportementale et de la thérapie d’exercice gradué, mais plus encore ceux de la thérapie d’exercice gradué. Les résultats confirment un modèle de traitement dans lequel les convictions et les comportements jouent un rôle dans la perpétuation de la fatigue et de l’invalidité dans le syndrome de fatigue chronique.


3 fév 2015

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Published by Jean-Pierre LABLANCHY - CHRONIMED - dans Concept
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