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3 mars 2015 2 03 /03 /mars /2015 11:32

Slérose en plaque : un vieux médicament, la benzatropine, remyélinise les neurones (chez l’animal)

C’est un résultat majeur pour toutes les recherches menées sur la sclérose en plaque que publie la revue Nature : un vieux médicament utilisé dans la maladie de parkinson, la benzatropine (Cogentin), a montré qu’elle permettait de favoriser la remyélinisation des fibres nerveuse sur un modèle animal.

La sclérose en plaques est une maladie neurologique auto-immune du système nerveux central causant une démyélinisation des fibres nerveuses du cerveau, de la moelle épinière et du nerf optique. Les fibres nerveuses sont normalement entourées d’une gaine de myéline constituée par deux types cellulaires, les oligodendrocytes au niveau proximal du neurone et par les cellules de Schwann au niveau plus distal du nerf. Lors des poussées de la maladie, les gaine de myéline sont détruites, laissant l’axone est intact, mais altérant la conduction électrique (les informations transitent plus lentement) créant les signes cliniques constatés dans la maladie.

Au niveau cellulaire, les phases progressives de la sclérose en plaques sont associées à une inhibition de la différenciation de cellules progénitrices qui normalement génèrent les oligodendrocytes, les cellules indispensables à la remyélinisation et la rémission de la maladie. Les scientifiques anglais du Scripps Research Institute ont cherché à identifier les médicaments pouvant induire sélectivement cette différenciation des oligodendrocytes. Ils ont travaillé pour cela sur des cellules souches du nerf optique de rat.

Ils démontrent que la benztropine diminue de manière significative la sévérité clinique de la maladie sur le modèle animal utilisé, qu’il soit administré seul ou en combinaison avec des traitements immunosuppresseurs déjà utilisés dans la sclérose en plaques. Les analyses in vitro et in vivo montre que l’efficacité observée de la benzatropine résulte directement d’une amélioration de la remyélinisation plutôt que la suppression immunitaire, une première!

“Nous sommes très excités par ces résultats et nous évaluons dorénavant comment mettre en place un premier essai clinique” expliquait Luke L. Lairson, signataire de l’étude, à la revue Nature, rajoutant que “les patients ne doivent pas utiliser ce médicament en dehors de ses indications”. Il est évidemment nécessaire de confirmer auparavant chez l’homme son efficacité et sa sécurité d’emploi.

Une approche pour un traitement de régénération dans la sclérose en plaques.


Deshmukh VA1, Tardif V, Lyssiotis CA, CC vert, Kerman B, Kim HJ, Padmanabhan K, Swoboda JG, Ahmad I, Kondo T, Gage FH, Theofilopoulos AN, BR Lawson, Schultz PG, Lairson LL.
Nature. 17 octobre 2013; 502 (7471): 327-32. doi: 10.1038 / nature12647. Epub 2013 le 9 octobre.

Résumé


Les formes progressives de la sclérose en plaques sont associées à la différenciation inhibée de la population de cellules progénitrices qui génère les oligodendrocytes maturels requis pour la remyélinisation et une rémission.

Pour identifier les inducteurs sélectifs de la différenciation des oligodendrocytes, nous avons effectué un essai basé sur l'image exprimée par la protéine de base myéline (MBP) en utilisant des cellules progénitrices primaires du nerf optique de rat.

Ici, nous montrons que, parmi les composés les plus efficaces identifiés se trouve la benztropine, ce qui diminue significativement la sévérité clinique dans le modèle expérimental d'encéphalomyélite auto-immune (EAE) et de la forme cyclique de la sclérose en plaques lorsqu'il est administré seul ou en combinaison avec des traitements immunosuppresseurs approuvés pour la sclérose en plaques.

La preuve d'un modèle de démyélinisation induite par cuprizone, in vitro et in vivo avec des dosages de cellules T et EAE avec expériences de transfert adoptif ont indiqué que l'efficacité de ce médicament est observée directement montrant une amélioration de la remyélinisation plutôt que la suppression immunitaire.

Les études pharmacologiques indiquent que les fonctions de benztropine procèdent d’un mécanisme qui implique l'antagonisme direct de M1 et / ou des récepteurs muscariniques M3.

Ces études devraient faciliter le développement de nouvelles thérapies efficaces pour le traitement de la sclérose en plaques qui complètent les approches établies avec les immunosuppresseurs.

Benztropine (Cogentin®)

Sommaire : La benztropine (Cogentin® et ses formes génériques) appartient au groupe de médicaments appelés médicaments « antiparkinsoniens » et est utilisé pour le traitement d’effets secondaires sur les mouvements (effets secondaires parkinsoniens ou « extrapyramidaux ») causés par les médicaments antipsychotiques.

Dans quels cas utilise-t-on la benztropine?

Elle est approuvée par Santé Canada pour les adultes, les adolescents et les enfants âgés de 3 ans ou plus pour le traitement d’effets secondaires sur les mouvements (effets secondaires parkinsoniens ou « extrapyramidaux ») causés par les médicaments antipsychotiques. La benztropine est également parfois qualifiée de médicament « anticholinergique ».

La benztropine peut être utilisée pour traiter les troubles suivants :

  • Les effets secondaires extrapyramidaux ou d’autres effets secondaires sur les mouvements occasionnés par les médicaments antipsychotiques
  • L'akathisie : agitation physique extrême, nervosité, impatience et mouvements de va-et-vient
  • La dystonie : spasmes du visage (y compris, des yeux, de la langue, de la mâchoire), du cou et des muscles du dos (mouvements semblables à ceux d’une crise d’épilepsie)
  • Les effets parkinsoniens : raideur musculaire, rigidité, difficulté à se mettre en mouvement, posture instable, traîner des pieds lorsque vous marchez, mouvements ralentis et tremblements (agitation)

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Published by Jean-Pierre LABLANCHY - CHRONIMED - dans Concept
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