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3 mars 2015 2 03 /03 /mars /2015 13:25

Cancer du colon : agir sur le microbiote serait efficace
Communiqué de l’Inserm. 23 février 2015
A. Cougnoux et coll. Small-molecule inhibitors prevent the genotoxic and protumoural effects induced by colibactin-producing bacteria. Gut, édition en ligne avancée du 14 janvier 2015
Des chercheurs de l’Inserm ont mis en évidence qu’une intervention ciblée sur une toxine bactérienne intestinale permettrait de ralentir la prolifération des cellules cancéreuses coliques.
En effet, plusieurs travaux ont suggéré que certaines bactéries du tube digestif pourraient avoir une implication dans le développement du cancer du colon. C’est le cas, en particulier, d’une souche particulière d’Escherichia coli qui produit une toxine appelée colibactine. Cette bactérie est présente dans les échantillons de tissus coliques de 50% à 60% des malades mais dans seulement 20% de ceux des sujets sains. "Cette bactérie semble attirée par le microenvironnement inflammé de la tumeur. Une fois en contact avec les cellules de la tumeur, elle induit des dommages de leur ADN qui peuvent contribuer au cancer de deux façons : soit par l’accumulation de mutations, soit par l’induction d’une sénescence cellulaire. Si les cellules sénescentes ne se multiplient plus, elles sécrètent des facteurs de croissance qui favorisent la multiplication des cellules cancéreuses n’ayant pas subies l’action toxique de la bactérie", explique Richard Bonnet, coauteur des travaux au CHU de Clermont-Ferrand.
Les chercheurs ont donc cherché un moyen de bloquer l’action de la colibactine. Pour cela ils ont réalisé des travaux de biologie structurale permettant d’obtenir une structure cristalline de la toxine et de cribler les molécules à la recherche de ligands spécifiques. Ils en ont trouvé deux. Et l’un d’entre eux a montré, sur des travaux réalisés sur des souris, de bons résultats : il permettait de diminuer de 98% les dommages à l’ADN générés par les bactéries productrices de la toxine. Il a ralenti la prolifération de cellules cancéreuses et réduit par un facteur 3,5 le nombre de tumeurs coliques chez des souris hébergeant cette bactérie. Mais R. Bonnet précise : "la bactérie semble incapable de déclencher à elle-seule un cancer chez la souris". Bloquer la toxine ne serait donc pas suffisant. Selon lui, cette étude préclinique n’établit qu’une preuve de concept : "ces travaux renforcent l’idée qu’il est intéressant de prendre en compte de certaines bactéries composant le microbiote intestinal pour lutter contre le cancer colorectal".
L’équipe va à présent se rapprocher de l’industrie pharmaceutique pour élaborer de nouvelles molécules capable de bloquer l’action de la colibactine, potentiellement plus spécifiques et plus efficaces.

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Published by Jean-Pierre LABLANCHY - CHRONIMED - dans Nutrition
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