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1 juin 2017 4 01 /06 /juin /2017 19:32

Pour la première fois dans l'Hexagone, le nombre d'enfants touchés par la puberté précoce a été évalué, révélant des disparités régionales surprenantes.

Le point avec Sébastien Denis, directeur de la direction Santé et Environnement à Santé Publique France.

Outre le Danemark et la Corée du Sud, aucun pays avant la France n'avait entrepris d'estimer, parmi sa jeune population, le nombre de cas de puberté précoce.

Une affection rare stoppant prématurément la croissance et caractérisée par des signes de puberté survenant avant 8 ans chez les filles et avant 9 ans chez les garçons (seins qui poussent, testicules qui augmentent de volume, apparition de pilosité pubienne, etc.).

L'analyse, présentée par Santé publique France le 30 mai 2017 à Paris, révèle qu'entre 2011 et 2013, l'on a comptabilisé 1.173 nouveaux cas de puberté précoce par chez les filles et dix fois moins chez les garçons.

"Difficile de trouver ces chiffres élevés ou non puisque c'est la première étude de ce genre, mais ils sont similaires à ceux obtenus par les Coréens du Sud, commente Sébastien Denis, directeur de la direction Santé et Environnement à Santé Publique France.

Toutefois, ces données sont probablement sous-estimées pour les garçons, les signes de puberté précoce étant moins faciles à repérer que chez les filles."

Midi-Pyrénées et Rhône-Alpes particulièrement touchés Santé Publique France a recensé les cas de puberté précoces sur la base des traitements prescrits pour bloquer temporairement la puberté, en écartant ceux prescrits pour des causes connues (lésions du système nerveux centrales, origine génétique...).

"Malheureusement, fautes de données suffisantes, l'Outre-Mer n'a pas pu être incluse", regrette Sébastien Denis.

Les données obtenues, illustrées dans les deux cartes ci-dessous, mettent en évidence des disparités géographiques surprenantes :

dans certaines régions, la puberté précoce est douze fois plus fréquente que dans d'autres (six fois plus chez les garçons).

"En moyenne sur le territoire, on relève 2,68 cas pour 10.000 filles et 0,24 cas pour 10.000 garçons, avec des chiffres beaucoup plus élevés en Midi-Pyrénées autour de Toulouse et en Rhône-Alpes autour de Lyon", détaille Sébastien Denis.

Alors que le nord du Finistère compte entre 0,95 et 2 cas de puberté précoce pour 10.000 filles, la zone autour de Lyon en enregistre... 10 à 12,4 !

Une différence majeure que l'on retrouve aussi chez les garçons (entre 0 et 0,003 pour 10.000 garçons dans le nord du Finistère contre entre 0,95 et 2 en Rhône-Alpes).

La faute des perturbateurs endocriniens ?

Pourquoi constate-t-on une telle surincidence autour de Toulouse et de Lyon ?

"Nous ne le savons pas encore, mais à partir de ces données, des études épidémiologiques devraient être lancées prochainement pour répondre à cette question", avance Sébastien Denis.

La faute des perturbateurs endocriniens, comme les pesticides très employés en viticulture et en arboriculture ?

D'une exposition industrielle ?

Du surpoids, de l'obésité ?

Des rayonnements ultraviolets (UV) ?

Toutes ces pistes seront étudiées.

Et Santé Publique France compte réaliser une estimation de la puberté précoce dans sa population chaque année pour définir si cette maladie rare est en augmentation.

1173 cas de puberté précoce. Les régions .

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Published by Jean-Pierre LABLANCHY - CHRONIMED - dans Nutrition
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